Boisson de soya; sa
valeur nutritive dépasse celle du lait de vache.
par
Hélène Baribeau, M.Sc., Dt.P., nutritionniste
Consultante pour Soylutions
Il n'y a pas si longtemps, les gens pensaient que les boissons de
soya étaient réservées aux végétariens
et ne se trouvaient que dans les boutiques d'aliments naturels.
Mais voilà que depuis quelque temps, on voit les boissons
de soya dans les supermarchés côtoyer fièrement
le lait de vache sur les tablettes. Elles se retrouvent aussi dans
les réfrigérateurs de plus en plus de consommateurs.
Pas étonnant, quand on connaît toutes les vertus associées
à cet aliment extraordinaire! Le soya est une légumineuse dont la culture remonte à
plus de trois mille ans en Asie, particulièrement en Corée,
en Manchourie, au Japon et en Chine. Mais il n'est connu en Amérique
de Nord que depuis le début du 20e siècle. On extrait
le lait des haricots de soya en faisant bouillir ces derniers, en
les broyant ensuite et en les filtrant.
Quand on a commencé à commercialiser le lait de soya
au Québec, il se vendait nature et se conservait exclusivement
au réfrigérateur. Son goût légèrement
âcre et sa texture non homogène ne plaisaient pas à
tous les palais. Heureusement, on a réussi à contrer
ces désagréments en lui ajoutant différents
ingrédients : des sucres naturels (malt d'orge, sirop de
riz, miel, sucre de canne, etc.), des saveurs naturelles (vanille,
chocolat, fraise, caroube), des agents de texture (gomme xanthane,
gomme arabique, carraghénine) et de l'huile (canola ou tournesol).
Par ailleurs, pour mieux concurrencer le lait de vache, les producteurs
ont enrichi leurs boissons de calcium, de zinc, de vitamines A,
D, B2 et B12. Avec toutes ces améliorations, additionnées
aux qualités initiales du soya, la valeur nutritive de cette
boisson surpasse désormais celle du lait de vache. D’une
part, parce que les protéines de soya sont d'excellente qualité
et les matières grasses sont non saturées et contiennent
un taux élevé de lécithine, élément
essentiel à la santé des cellules nerveuses. D’autre
part, la boisson de soya constitue la meilleure source d’isoflavones,
des principes actifs aux nombreuses propriétés santé.
Les phytoestrogènes
La découverte récente des bienfaits des phytoestrogènes,
ces hormones végétales qu'on retrouve sous la forme
d'isoflavones dans les légumineuses, a contribué à
populariser la consommation des boissons de soya. En effet, le soya
est considéré comme une des meilleures sources d'isoflavones;
il est de plus la seule légumineuse dont on peut extraire
un liquide laiteux et buvable. Les phytoestrogènes possèdent,
entre autres, la propriété de diminuer les bouffées
de chaleur chez les femmes en ménopause. Voilà un
des secrets de santé des Japonaises. Celles-ci consomment
plus de 200 mg de phytoestrogènes par jour comparativement
aux Nord-Américaines qui n'en absorbent que 2 à 3
mg. Il n'est donc pas étonnant que plus de huit femmes sur
dix se plaignent de bouffées de chaleur en Amérique
du Nord alors que c'est le cas de seulement deux femmes sur dix
au Japon.
Les isoflavones protègent aussi la santé des artères
et de l'ossature; ils favorisent une baisse du taux de mauvais cholestérol
et une hausse du taux du bon, et contribuent à prévenir
le cancer du sein et de la prostate. Ils s'adaptent aux besoins
du corps, ils aident à régulariser l'activité
hormonale en imitant les oestrogènes humains. Ils ont finalement
la capacité d'occuper les récepteurs hormonaux, ce
qui évite qu'une quantité trop grande d'hormones pouvant
causer un cancer (du sein en particulier) soit mise en circulation.
La dose suggérée de soya pour l’ensemble de
la population est de 15 g de protéines de soya par jour apportant
environ 50 mg d’isoflavones. Une tasse de boisson de soya
contient en moyenne 6 à 9 g de protéines de soya et
entre 20 et 35 mg d’isoflavones. Certaines boissons de soya
en contiennent jusqu’à 40 mg d’isoflavones par
tasse. Comme collation, en après-midi, je recommande aux
femmes qui désirent une véritable hormonothérapie
naturelle de prendre 250 ml de boisson de soya additionnée
d'une cuillerée à table de graines de lin moulues.
Ce mélange peut aussi remplacer le lait de vache dans les
céréales du matin.
L'os...téoporose
La boisson de soya enrichie présente de nombreux avantages
pour prévenir l'ostéoporose. Tout d'abord, les isoflavones
qu'elle contient contribuent à maintenir une ossature solide.
Elle enrichit également l'organisme de minéraux alcalins
essentiels (potassium, magnésium, calcium) pour tamponner
le surplus d'acidité qui nuit à nos os. Son important
apport en magnésium collabore à l’assimilation
du calcium et le bore qu'elle renferme contribue à réduire
l'élimination du calcium et du magnésium dans les
urines. Finalement, la boisson de soya enrichie contient autant
de calcium, de vitamines A et D que le lait de vache. Je conseille
d'éviter de donner des boissons de soya dites légères
aux enfants. Avant l'adolescence, en effet, leur croissance commande
de ne pas couper dans le gras.
Et le goût ?
Pour ma part, j'adore la boisson de soya, particulièrement
celle à texture plus onctueuse. En général,
je choisis la saveur originale, que je trouve délicieuse
dans les céréales à déjeuner ou que
je mélange avec des protéines de petit-lait, et les
versions vanille ou chocolat comme collation ou avant ou après
un entraînement. Afin de profiter pleinement des bénéfices
des boissons de soya, je recommande de les utiliser dans vos recettes
de biscuits, muffins, gâteaux, poudings, crêpes, etc.
Fait non négligeable, la boisson de soya enrichie s'inscrit
dans la catégorie très sélecte des aliments
fonctionnels, c'est-à-dire ayant un effet bénéfique
au-delà des effets nutritionnels habituels des aliments1.
Puisque la protéine de soya n’est pas tout à
fait complète, l’ajout de céréales comme
l’avoine dans les boissons de soya, permet de consommer une
boisson avec des protéines plus complètes et avec
des fibres alimentaires. De plus, l'avoine est reconnue tout comme
le soya comme « aliment fonctionnel ». Une consommation
régulière d'avoine réduit les risques de maladies
coronariennes, en diminuant le cholestérol sanguin principalement
à cause de sa richesse en fibres solubles. Les fibres solubles
permettent aussi de contrôler notre taux de sucre puisqu’elles
ralentissent l'absorption des glucides dans le petit intestin.
Bibliographie
1. Pelletier S, Kundrat S, Hasler CM. Effects of a functional foods
nutrition education program with cardiac rehabilitation patients.
J Cardiopulm Rehabil. 2003 Sep-Oct;23(5):334-40.
Ménopause, nutrition et santé, Louise Lambert-Lagacé,
Éd. de l'Homme, 2004.
Les aliments pour rester jeune, Jean Carper, Éd.
de l'Homme, 1995.
L'encyclopédie visuelle des aliments, Éd.
Québec/Amérique, 1996.
PasseportSanté.net. Avoine. Consulté le 17 janvier
2005.
http://www.passeportsante.net/fr/nutrition /
encyclopediealiments/fiche.aspx?doc=avoine_nu
PasseportSanté.net.. Protéines de soya. Consulté
le 17 janvier 2005. http://www.passeportsante.net/fr/solutions/
plantessupplements/fiche.aspx?doc=soya_proteines_ps
À propos de l'auteure
Diététiste-nutritionniste passionnée, Hélène
Baribeau détient un baccalauréat et une maîtrise
en nutrition de l’Université Laval. Elle évolue
dans le domaine des approches alternatives de santé et est
devenue, avec le temps, la nutritionniste la plus spécialisée
en aliments et produits de santé naturels au Québec.
Elle intervient dès le début de sa carrière
dans des émissions diffusées sur les ondes de Canal-Vie,
de TVA, de TQS, de Radio-Canada, de CKRL (FM 89,1) et de CHOI (FM
98,1). Elle rédige également des articles dans le
magazine Alive, le magazine des Diététistes «
La nutrition science en évolution », le magazine des
boutiques Souris-Mini, sur le réseau Passeport Santé (www.passeportsante.net)
et sur le site d’Aliments de Santé Laurier (www.alimentssante.com).
Aujourd’hui, elle prononce régulièrement des
conférences sur la saine alimentation, assure la formation
continue des diététistes, fait de la consultation
pour Soylutions et poursuit ses recherches sur les aliments fonctionnels
et les nutraceutiques pour Passeport Santé (www.passeportsante.net).
Elle est également co-auteure du livre « Santé
la Gaspésie », publié en 2003.
|